Mon esprit me fait horreur
Qui tourne en rond dans son bocal
Qui ne dort jamais
Qui se vautre comme un chat dans des coussins usés
Digérant, alangui, les restes de souvenirs lourds de graisse
Mon esprit me désespère
Qui regimbe à être joyeux et léger
Qui ne dort jamais
Qui me fait croire à ma noirceur et m’accule au cynisme
Qui se fixe sur une idée idiote ou désagréable comme
une mouche sur un ruban collant
Qui m’entraîne dans les broussailles mystiques
Qui éradique toute tentative d’oubli
Et qui ne dort jamais
Et qui me harcèle comme une vieille scie
Et qui ne dort jamais
Et nous oublie parfois, souvent, mon corps et moi
Et qui tape et tambourine contre les parois de mon crâne
Et qui enveloppe de brume mes explorations de sens
Et qui ne dort jamais
Et qui tripote, suçote, sadiquement les mauvaises pensées
Et qui ne dort jamais
Qui ne dort jamais
Ne dort jamais
« Turbulente anima » p.41 D.M. 2008