Le coup venait de loin on aurait dit pourtant rien ou à peine et encore
l’histoire n’avait même pas commencé que déjà d’outrance en dénuement
d’acharnement en provocation de lâcheté en incandescence l’histoire fit sa route
pour s’établir de sarcasme en mea culpa et finir dans un livre
et soudain
Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi tout ça ?
« Comment saurais-je ? » Et vous ? Ce n’est qu’une proposition c’est tout
où en sommes-nous ? le bistrot n’est pas loin il faut en débattre et résoudre
ce qui est essentiel peut être exigé sans élever la voix !
On verra...
Les propositions se présentèrent une à une on leur trancha la tête inquiet
le sens s’emplit de parasites on élimina tout ce qui resta résista
« Croyez-moi ! » furent ses derniers mots jusque là respectés
Et alors ?
On se rendit compte de l’horreur du déshonneur la folie n’arrangea rien
Des innocents furent brûlés il fallait éliminer désinfecter
Toute la nuit suivante des lois furent remplacées pour arranger réorganiser
Le sphinx en place resta muet et tous les sauveurs se sauvèrent y compris
les héros journalistes élus militaires pompiers maîtres-nageurs
Et nous ?
Seules les victimes
les pensées se perdirent en route le jugement se tapit indécis complice
ou pas
La dépression fut repoussée car la fureur essentielle même borgne
s’enchaîna pleine de carburant aux statues aux brochures aux portraits
aux drapeaux à tout ce qui représentait de près ou pas « tout ça »
quoi, « tout ça » ?
Toute la nuit jusqu’à l’an suivant continua les blablablas pleins et creux
se turent exténués migraineux les yeux défoncés s’enfoncèrent encore
et disparurent Les opinions s’affaissèrent les mots orphelins sans souffle
neuf s’étouffèrent les pieds sans entrain se traînèrent
les mains elles-mêmes abandonnèrent les cœurs écroulés les esprits décomposés
Et maintenant, où en sommes-nous ?
Le lendemain du siècle des fureurs difficile de retrouver
pensée parole geste tout tout tout sec consumé digéré
évacué vide concret administré répertorié rubrique « oubli » et « danger »
SILENCE sans image promesse de futur civilisation nouvelle
le Sphinx encore en place inébranlé demeura sourd quasi quiet
Demain ?
Et encore ? no question no hablar no perqué no comment
Ouvrons les fenêtres et bêlons meuglons couinons en chœur
la parade va passer idéaux recyclés vérités brassées lessivées
Demain est passé et toute l’histoire pomponnée muette attend
Et alors ?
"SIGNES"
Série peinture sur journaux / ExPoéPic 2011 / Diane Meunier