« Poète de l’angoisse,
Tu ne veux pas qu’on voie
ton visage barré d’ennui
tes yeux trop durs
ta nuque raidie
tes mains brûlées de toucher la vie
Où vais-je emporter mes désirs de nouveaux préludes
empilés au fond d’un sac troué dont ils s’échappent
chaque soir mortel quand le ciel pleure de découragement
à gros sanglots car le soleil va encore l’oublier ?
Ne touchons pas au silence Ni à l'obscurité
Seuls les poètes intrépides savent les cajoler
qui les portent à bout de bras au-dessus de leur tête
reconnaissants de l’aide ainsi offerte
inestimable
Voilà pourquoi
enragée de mots désespérés
et cyniques parfois
j’expose mon âme aux sarcasmes
à l’hostilité ou l’indifférence
à l’inhospitalité des âges présents
et à ceux qui suivront encore
pour un temps, un long temps...