Voix plaintive et douce de la toute petite fille folle
qui raconte sans un mot
raconte la tendre douleur de l’enfance
la violente douceur de l’enfance
l’oppressant accablant effroi de l’enfance
le désarroi de l’attente sans forme sans dessein
J’aime. JE aime Moi. J’aime pas JE mais JE aime MOI.
Dis-MOI JE, aimes-tu MOI ?
Et MOI qu’aimé JE ? Aime-moi MOI-même dit JE.
La mer est secouée La mer va vomir JE dit
Quitte MOI dit JE On sera SOI
L’amer fait peur dit MOI, Le monde est un JE et MOI,
JE n’est pas seule
JE connait des MOI qui sont seuls un monde plein des MOI,
des MOI fous de JE !
Fin de MOI et mort de JE à deux dans un cercueil
pour ne pas être seuls
JE et MOI
Je la prends dans mes tentacules
pour étouffer son chagrin à la source
son épouvante sans fin ni début
elle me mord les doigts pour que je la libère
brouhaha de souvenirs dans l’orage continu
fracas des refus comme des carreaux brisés
pas de fleurs sur les tombes jamais jamais jamais
les fleurs sont faites pour la joie
des pierres lourdes sourdes et aveugles doivent seules,
recouvrir les tombeaux
pas de regrets murmurés, seulement des hurlements
pas d’amour pas d’amour que des cœurs fêlés
et des amours en miettes qu’on ne recollera jamaisjamais