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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:41

  

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La culture, bien public de très haute nécessité

  

Par NICOLAS ROMEAS, VALÉRIE DE SAINT-DO

Directeur et rédactrice en chef de la revue

  

Cassandre Horschamp

  

  

Si la culture ne devient pas l’un des fers de lance des programmes de nos partis de

gauche, nous aurons perdu quoi qu’il advienne. Nous aurons cédé devant la machine

ultralibérale qui vise à réduire les humains à d’efficaces machines à produire et à

consommer.

 

Il s’agit de défendre, dans la filiation de l’éducation populaire, la mise en circulation

démocratique - et l’usage - des outils et des œuvres de l’esprit. Ces outils et ces œuvres

sont les premiers matériaux de la construction d’un humain pensant, rêvant, imaginant.

Non d’une machine à l’apparence humaine. Ce combat est aussi fondamental que celui

de l’écologie.

 Nous revendiquons la culture de tous par tous. Aux marchands de sons et d’images

comme aux tenants de «l’élitaire pour quelques-uns», nous opposons un partage du

sensible (1) irréductible au seul partage de fichiers.

 

Internet peut être un puissant vecteur de découverte et de savoir et l’abrogation de

la loi Hadopi est un préalable indispensable. Mais insuffisant. Là où d’aucuns parlent

d’accès à la culture, nous parlons d’appropriation, de pratique, d’échange. Un usage

qui ne saurait se réduire à la consommation illimitée de musique et d’images sur le Web !

Les néoconservateurs ne s’y trompent pas, qui utilisent les industries culturelles comme

rouleaux compresseur des imaginaires.

 

Comment favoriser la circulation du sensible et du symbolique ? En prenant soin, partout,

des jeunes pousses, en acceptant la mauvaise herbe, en refusant l’excellence surannée

qui paralyse, comme la démagogie consumériste qui transforme l’art en produit.

Il ne s’agit pas seulement, suivant la formule de Malraux, de «rendre accessibles les plus

grandes œuvres au plus grand nombre», mais de reconnaître en chacun l’auteur potentiel.

Ce n’est pas - seulement - une question de moyens, mais de partage des richesses,

d’abolition des privilèges. Et de volonté politique. Nous revendiquons l’art et la culture

comme outils d’intelligibilité du monde et d’invention du futur, armes de l’imaginaire face

à la tyrannie d’une réalité qui ne souffrirait aucune alternative. Dans ce combat pour un

autre monde, les outils du rêve, de l’affect, sont aussi nécessaires que ceux de la raison

et du militantisme politique.

L’habitat, les rapports sociaux, l’éducation, le travail, l’aménagement du territoire, les

bouleversements technologiques, sont des questions culturelles.

 

Cette ambition ne saurait être l’apanage d’un seul ministère. Forcément transversale,

elle devra s’appuyer sur l’effervescence des expériences, observer sans contrôler, soutenir

sans stériliser par des labels. Prenons la culture et l’art pour ce qu’ils sont, des biens

publics de très haute nécessité portant l’exigence d’un service public refondé.

 

Alors, culture… Peut-être le mot n’est-il plus adapté à ce combat, peut-être renvoie-t-il

trop à une longue histoire de monarchies, à des clivages sociaux persistants, à cette

distinction dont parlait Pierre Bourdieu. Nous parlerons de préférence de l’univers du

symbole, pour le distinguer clairement de celui du chiffre, auquel la machine ultralibérale

veut toutsoumettre, y compris ce qui est d’évidence incalculable. Pour faire entendre que

nous ne nous contenterons pas de la défense d’un patrimoine dont il s’agit de faciliter

l’accès aux classes laborieuses. Comme l’a montré le regroupement de l’Appel des appels,

qui réunit autour d’un socle de valeursfondamentales des représentants de corps de

métiers aussi divers que la justice,

le journalisme, la médecine, la psychiatrie ou l’éducation, c’est là, aujourd’hui, que le

combat se joue. Dans une résistance absolue à cette évaluation chiffrée qui a pour but

d’éliminer tout ce qui, dans les œuvres humaines, est de l’ordre de l’échange, de

l’imaginaire et, comme l’écrivirent Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant, de la relation.

 

(1) Titre d’un ouvrage de Jacques Rancière (la Fabrique).

  

  

  

L'ART EST PUBLIC 

 

 

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LES ILLUSTRATIONS SONT MON APPORT PERSONNEL...

 

 

 

 

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  • : Le blog de l'écrit de la chouette
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  • Diane Meunier / mystic'anar / nadie
  • Poète, éditrice artisanale ("l'écrit de la chouette",peintre,comédienne,auteure-compo-interprète de 5 CD (Universal Jeunesse) + co-fondatrice de la Cie R.A.O.U.L. & R.I.T.A. avec Thierry Lefever (voir dans "liens")

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